Actus Salariés

Actualités, semaine 12-2-2017

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Aide à domicile : un écart de 3 € entre prix de revient et tarifs versés à l’heure

A presque un mois de l’élection présidentielle, l’UNA et Adessadomicile décortiquent les mécanismes du déficit endémique des structures d’aide à domicile. Il en ressort un grand écart entre coûts de revient et versements. Dans la foulée, elles proposent quinze mesures en faveur du « vivre à domicile ». Parmi lesquelles la création d’un cinquième risque de la Sécurité sociale.

Il ne se passe pas une année, un mois, sans que les acteurs associatifs du domicile tirent la sonnette d’alarme sur la situation critique que connaissent les services d’aide à domicile et leurs salariés (1) ; et ce, malgré la mise en place de différents fonds de restructuration. Cette fois, l’échéance présidentielle à venir représente une opportunité pour les fédérations du domicile de faire entendre leurs revendications pour le « vivre à domicile ».

Dans une étude,  auprès de 179 de ses structures, l’Union nationale de l’aide à domicile (UNA) révèle et analyse les différentes raisons inhérentes au déficit structurel des services d’aide à domicile. Elle s’est également jointe à Adessadomicile pour formuler quinze propositions de mesures aux candidats à l’élection.

Une heure coûte en moyenne 24 €, mais est payée 21 €.

Entre 2013 et 2015, l’UNA a ainsi calculé qu’une heure d’aide à domicile coûtait une moyenne de 24 € à chaque structure. L’UNA compare ce prix de revient aux tarifs pratiqués par les conseils départementaux. Ces derniers oscillent entre 16,9 € et 26 € de l’heure, pour une moyenne de 21 € versés pour une heure de service à domicile. Les services d’aide s’avèrent donc structurellement déficitaires.

Les racines du problème

Les présidents de l’UNA et d’Adessadomicile, Guillaume Quercy et Patrick Malphettes, attribuent ce déficit chronique à deux facteurs principaux. « Au niveau national, […] il manque entre 1 et 1,5 milliard d’euros pour la prise en charge des personnes âgées et/ou handicapées à domicile, si l’on se réfère à l’étude nationale des coûts sur les prestations d’aide et d’accompagnement à domicile. […] Par ailleurs, au niveau départemental, les fonds fléchés à l’attention du service à domicile ne sont pas correctement reversés ».

Un 5e risque pour le domicile

Parmi les quinze mesures que préconisent les fédérations associatives, citons la création d’un cinquième risque de la sécurité sociale. Celui-ci financerait « les besoins d’accompagnement des personnes ayant fait le choix de vivre à domicile ». Pour rappel, la Fédération hospitalière de France (FHF) a formulé la même proposition début mars, cette fois pour les établissements sanitaires et médico-sociaux, affirmant qu’il s’agissait « aujourd’hui [de] la seule solution face au défi démographique français ».

Réformer la PCH

L’UNA et Adessadomicile préconisent également de « veiller à la mise en œuvre effective de la réglementation médico-sociale par les Conseils départementaux ». Les fédérations du domicile proposent de « revaloriser le montant de la PCH et réformer ses modalités d’accès », dix ans après sa création. Elles demandent que les services à domicile soient mieux intégrés dans la mise en œuvre du virage ambulatoire.

3,3 % d’augmentation du point en dix ans

Enfin, les employeurs associatifs rappellent le fait qu’un tiers des salariés de leur branche sont rémunérés au salaire minimum. Un salaire minimum qui a crû de 16,7 % en dix ans, contre seulement 3,3 % pour la valeur du point d’indice salarial dans l’aide à domicile. A cette aune, ils proposent de « revaloriser les salaires et rembourser les frais professionnels », mais aussi de « reconnaître les coûts inhérents à la qualification des professionnels ».

PCH : Prestation de Compensation du Handicap

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